Quand on pense à l'acné, on pense généralement aux actifs, au sébum, au nettoyage ou aux hormones. Le packaging des cosmétiques revient beaucoup moins souvent dans la conversation, alors que la manière dont un produit est conditionné et distribué influence son exposition aux contaminations microbiologiques pendant son utilisation.
Certains formats méritent donc plus d'attention que d'autres..
L'acné n'est pas simplement une histoire de mauvaises bactéries
L'acné est une maladie inflammatoire multifactorielle. Elle implique une production excessive ou anormale de sébum, une hyperkératinisation qui contribue à l'obstruction du follicule, des modifications du microbiome cutané autour de Cutibacterium acnes, et une réponse inflammatoire (revue sur la pathogenèse de l'acné, PubMed).
Avoir des bactéries sur la peau ne cause donc pas l'acné en soi, notre peau possède naturellement son propre microbiome. Cela dit, un produit ou un applicateur régulièrement remis en contact avec la peau récupère du sébum, des cellules cutanées et des micro-organismes présents à sa surface, et ce cycle pose la question de la contamination du produit lui-même au fil des utilisations.
Ce que montrent les études sur la contamination des packagings
Une étude publiée en 1990 dans Applied and Environmental Microbiology a comparé différents systèmes de fermeture pour un shampoing et une lotion non conservés, testés en conditions réelles pendant deux à trois semaines. Le bouchon vissé laissait passer 71 % de contamination sur la lotion, contre seulement 10 % pour la pompe (Brannan & Dille, 1990). Le chiffre reste ancien, obtenu sur des formules volontairement dépourvues de conservateur pour isoler l'effet du système de fermeture, une situation différente d'un produit du commerce normalement conservé, mais il pose un principe qui tient toujours : le système de distribution influence directement le niveau de protection contre la contamination.
Des travaux plus récents vont dans le même sens. Une étude publiée en 2020 dans AMB Express a développé une méthode pour évaluer la capacité de différents packagings cosmétiques à protéger leur contenu pendant l'utilisation, en reproduisant des contacts avec une peau ou des doigts contaminés sur un panel de plus de 800 emballages, avec des résultats confirmant que tous les systèmes de distribution n'offrent pas le même niveau de protection (PubMed, 2020). Une étude de 2015 arrivait à une conclusion similaire, avec des capacités variables selon les systèmes testés pour limiter la contamination du produit et des doses délivrées (PubMed, 2015).
Ces travaux ne démontrent pas qu'un roll-on ou un cushion provoque de l'acné. Ils portent sur la contamination microbiologique des produits. Ils montrent en revanche une vraie différence entre les systèmes de packaging dans leur capacité à limiter cette contamination, ce qui justifie de privilégier, sur une peau à tendance acnéique et quand la formule le permet, des formats qui réduisent les contacts répétés.
Quels formats privilégier
Les systèmes à pompe délivrent généralement le produit sans qu'on ait à introduire les doigts dans le contenant ni à remettre un applicateur en contact répété avec la peau, et ils comptent parmi les systèmes ayant montré la meilleure protection dans les études citées plus haut. C’est notamment le choix qu'a fait Solen pour tous ses produits, qu’ils soient pour le visage ou le corps.
Les pots demandent en général de prélever le produit avec les doigts, ce qui n'est pas vraiment problématique à condition de se laver les mains avant chaque prélèvement et d'éviter tout contact avec des mains sales ou mouillées.
Les applicateurs en contact direct, roll-on, éponges de cushion, certains embouts, peuvent être adaptés aux peaux acnéiques s'ils sont nettoyés régulièrement.
Le packaging n'est qu'une partie du problème
L'hygiène des accessoires compte tout autant qu'un packaging bien conçu. L'American Academy of Dermatology recommande de nettoyer les pinceaux de maquillage tous les 7 à 10 jours et de ne jamais les partager, des résidus de produit, du sébum et des micro-organismes pouvant s'y accumuler entre deux lavages (American Academy of Dermatology).
La même logique s'applique aux pinceaux, éponges, gua sha, appareils de soin ou masques LED, selon les recommandations propres à chaque fabricant. Se laver les mains avant sa routine, nettoyer régulièrement ses accessoires et changer fréquemment son linge de toilette, la taie d'oreiller en particulier, complètent naturellement ces réflexes.
Faut-il donc bannir certains packagings
La réalité reste plus nuancée. Un packaging seul ne suffit pas à déterminer si un produit convient à une peau acnéique. La formule, les ingrédients, la conservation du produit et les caractéristiques propres à chaque peau entrent tout autant en compte.
En revanche, sur une peau à tendance acnéique, privilégier des systèmes qui limitent les contacts répétés et maintenir une bonne hygiène de ses accessoires restent des précautions simples et cohérentes avec ce que l'on sait aujourd’hui.
Les petits détails d'une routine méritent parfois autant d'attention que les actifs qu'on y met.